Femme Libanaise

extrait de l’Orient le Jour

Par Anne-Marie El-HAGE | 10/03/2012
Elle ne doit pas perdre espoir, la femme libanaise, à l’occasion de la Journée mondiale de la femme. Pas une seule seconde. Pas le moindre instant. Même si le chemin est long et parsemé d’embûches. Même si, en cette journée du 8 mars, rares sont les hommes libanais qui ont daigné la célébrer, la fêter, lui rendre hommage.
Que dire d’autre, à la femme libanaise, sinon de ne pas baisser les bras. Mais de continuer le combat pour obtenir ses droits. Encore et toujours. Jusqu’au bout. Sans se décourager. Malgré les frustrations et les obstacles. Malgré le refus du clergé chrétien et des dignitaires musulmans de la traiter comme l’égale de l’homme. Malgré le machisme d’une classe politique réticente à la considérer comme citoyenne à part entière, adulte et responsable d’elle-même et de ses enfants. Mais qui n’hésite pas à lui imposer les mêmes taxes et impôts que son concitoyen masculin. Malgré aussi ce simulacre de projet de loi contre la violence domestique, qui ne la protégera pas de la violence d’un époux, d’un père, d’un frère ou d’un fils. Un projet dénaturé, vidé de sa substance, honteusement qualifié d’exploit par les membres de la sous-commission parlementaire chargée d’examiner le projet. Drôle d’exploit ne criminalisant pas un conjoint qui sanctionne sa femme, la viole, ou lui confisque son salaire…

 Que dire encore à la femme libanaise qui ne peut transmettre sa nationalité à ses enfants issus de père étranger, à la fillette de douze ans qui doit quitter l’école pour être mariée, à la jeune femme confinée à la maison parce qu’empêchée de travailler, à la mère de famille nombreuse qui subit en silence des grossesses non désirées ? Que dire aussi à la femme active privée de ses enfants après un divorce douloureux, ou à la jeune femme moderne, qui craint de retourner au pays après des études à l’étranger, par peur de perdre son indépendance ?

À part qu’elle doit prendre son mal en patience, la femme libanaise, au nom de toutes ces femmes, et s’activer, jour après jour, pour faire entendre sa voix et se tailler une place au sein d’une société hostile à ses revendications. Dans tous les domaines sans exception. Cela commence par l’éducation et passe par l’activité professionnelle, la participation de la femme à la vie politique étant l’aboutissement, par excellence.
Quitte, pour elle, à essuyer les revers, à être éconduite ou même moquée. Mais au moins aura-t-elle le mérite d’avoir essayé, cette femme du Liban qui ne manque pas de talent, fort heureusement.
La bataille n’en vaut-elle pas la peine ?

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