Keif et narguilé

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Décibels

J’ai les oreilles saturées. Depuis une semaine, depuis le dimanche des Rameaux, jusqu’à maintenant, les églises se déchaînent. Sono, hauts-parleurs, microphones, amplis, tout est bon pour diffuser la bonne parole et nous crever les tympans. Hier soir, dîner chez des amis, questionnement général. On entendait des bruits énormes, qui déchiraient le ciel. Ce n’était pas l’orage, ni des feux d’artifice. Des mortiers ? La colère de Jésus d’être ainsi exposé sur sa croix, à demi nu ? Au final, pas de tweet nous annonçant l’Apocalypse, non, c’était juste Pâques et les oeufs qui pleuvaient. Nous partons mardi en Jordanie, vivement le muezzin !

Etre né quelque part, c’est toujours un hasard, comme disait Maxime…

A lire absolument pour comprendre la difficulté des Libanais à se définir. « Les Libanais ne sont pas arabes », si vous saviez le nombre de fois où j’ai entendu cela dans la bouche de personnes d’ici…N’omettez d’ailleurs pas les commentaires de l’article….

(Et je ne dis rien d’Aznavour, de Céline Dion et de Julio iglesias….madre mia de Dios !)

http://www.lorientlejour.com/article/862347/quand-on-est-ne-libanais.html

What a shame !

http://www.courrierinternational.com/article/2014/04/05/pourquoi-je-ne-laisserai-pas-mes-enfants-apprendre-le-francais?page=all

Après lecture de l’article suivant, je me souviens que l’an passé, à la même époque, tandis que nous nous apprêtions à partir en vacances à Chypre nord, j’ai eu plusieurs remarques du style : « ça ne te gêne pas d’aller dans un pays sans légitimité ? », avec quasiment un appel au boycott. Et bien non, cela ne m’a pas gênée, ce voyage m’a même enchantée. Car tout ce qui se trame au niveau politique n’a rien à voir avec les gens qui vivent sur le territoire, qui sont là parce qu’ils y sont nés (ou ont été déplacés là par le choix des « grands » de ce monde).

Refuser d’apprendre une langue parce que, nombre de pays où elle est pratiquée sont d’anciennes colonies, me semble un argument erroné voire franchement ridicule. Il est vrai que chaque fois que l’on fête la francophonie, et on la fête largement au Liban, j’ai un petit malaise, car c’est un peu too much (en français dans le texte) selon moi. Enseigner le français, ce n’est pas me targuer de transmettre la langue des Droits de l’Homme, c’est transmettre une vision du monde, une façon de le penser, et c’est toujours avec délice que je retrousse mes manches en cours, pour montrer aux gens, que la France, ce n’est pas que la baguette, la tour Eiffel et les parfums. Et puis, si la langue n’est là qu’en termes économiques, alors je jette l’éponge !

Quoi qu’il en soit, avant d’aller pratiquer l’espagnol prochainement ( peu de verbes irréguliers, quel argument pathétique !!!), je vais aller pratiquer le jordanien d’ici quelques semaines. Ana fransawiya, ma behke arabe !