Voyage des mots au gré des camions

Chouette expo, qui me fait regretter, une fois encore, de ne pas maîtriser l’arabe écrit..

http://www.agendaculturel.com/POD_Les_camions_du_Liban_photographies_par_Houda+Kassatly

http://www.agendaculturel.com/Art_Les_camions_en_point_de_mire_avec_Houda+Kassatly

 

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Qu’il est laid !

A Beyrouth, systématiquement, dans chaque appartement on trouve un, voire plusieurs bidets (en fonction du nombre de salles de bain). Je n’ai vraiment jamais trop compris à quoi il servait. Ici, la chanson française et le bidet partagent la même ringardise des années 70.

Le lien suivant ne m’a pas convaincue : http://fr.wikihow.com/utiliser-un-bidet

Il pourrait éventuellement servir à se laver les pieds, mais franchement, impossible de ne pas envoyer de l’eau partout autour et du coup, il faut en plus passer un coup de serpillère une fois les pieds propres. Quant à se laver le cul et le reste, la douche demeure le premier choix aux yeux de l’occidentale que je suis. Je me demande si les Libanais, à l’instar des Japonais, ont absolument besoin d’eau plutôt que de PQ quand ils quittent le trône.

Même les poupées d’Anouk le dédaignent pour le bain, c’est vous dire !

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Supplique pour être incinérée

Je rentre hier lessivée par 4 heures de cours OFII (en individuel, comme avec Ruba) et par une nuit d’insomnie, pour découvrir avec effroi que les poux ont envahi la tête de mes enfants. Moi qui naïvement, pensais que seules les têtes blondinettes de l’espèce de mes nièces et neveux, était sujette à ces saloperies de parasites, je déchante. Mon frère Yves m’avait averti des dangers encourus, shampoings à gogo, peignes fins grouillant de larves, lessives innombrables de draps, vêtements et autres doudous et jouets, mais entre le récit et la réalité, place à l’abîme !

Le soir, je me couche, totalement épuisée et là, juste après avoir fini mon bouquin ( Le Sermon sur la chute de Rome, grandiose), j’éteins et ne réussis pas à trouver le sommeil, pour cause de démangeaisons. A moitié parano, je me rue dans la salle de bains et commence à secouer frénétiquement la tête au dessus du lavabo, pour traquer la bête. Hors, ce ne sont pas a priori des poux qui ont investi les lieux mais de petites fourmis. Horreur ! Mille fois je recommence à scruter mon cuir chevelu, à me demander si j’ai des hallucinations et finis par me faire un shampoing anti-poux vigoureux.

Pouilleuse, misérable, horrifiée ! J’ai une abomination pour toutes ces bestioles, même Eric Chevillard n’a pas réussi à me convaincre de l’intelligence de la petite fourmi, je suis remplie de dégoût, au bord de la nausée. Je frotte, je secoue sur le balcon serviettes, pyjama, mon corps entier. Rien n’y fait, l’écoeurement demeure, ces insectes me répugnent au plus haut point.

Je le dis donc sur la place publique, vous ne pourrez pas dire que vous ne le saviez pas, à ma mort, prière de m’incinérer.

Sandra Ghosn

Un article de Libé sur cette artiste beyrouthine, pour ceux qui ont la flemme de lire l’article, regardez tout de même le dessin intitulé Résilience, qui fait écho aux évènements du jour (et d’hier et de ces jours derniers).

Tandis que j’étais en cours tout à l’heure, j’apprends par mes élèves qu’au même moment une bombe à explosé à Choueifat dans le sud de Beyrouth. Une jeune femme me demande d’appeler ses parents qui habitent là-bas, et une autre s’en va, car son enfant est chez la nounou dans ce même quartier….

http://www.liberation.fr/monde/2014/02/02/sandra-ghosn-introspection-libanaise_977200