Ziad Doueiri

Ziad Doueiri est un cinéaste libanais dont le 1er film sort en salle en France aujourd’hui, mais pas au Liban, ni dans les 21 autres pays de la Ligue Arabe. La raison ? il est tourné à Israël, tabou aussi intense que l’homosexualité ou la religion ici. J’ai néanmoins pu voir la BO, ce qui n’est pas toujours le cas : on sent que la censure est palpable sur internet ( à titre d’exemple, je n’ai pas vu voir le dernier clip de Bowie mis en ligne il y a quelque temps.)

Voici la critique qu’en fait Télérama ; si vous allez le voir, j’attends vos commentaires.

SYNOPSIS

Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme fait exploser une bombe qu’elle dissimule sous sa robe de grossesse. Toute la journée, le docteur Amine, israélien d’origine arabe, opère les nombreuses victimes de l’attentat. Au milieu de la nuit, on le rappelle d’urgence à l’hôpital pour lui annoncer que la kamikaze est sa propre femme. Refusant de croire à cette accusation, Amine part en Palestine pour tenter de comprendre.

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 29/05/2013

On n'aime pas

Le docteur Amin Jaafari est un exemple. Parce que c’est un chirurgien de pointe, mais aussi parce que c’est un Arabe israélien. Ce modèle d’intégration est justement récompensé par une Académie israélienne, tandis qu’un attentat dans un restaurant de Tel-Aviv fait 17 morts. Dès le lendemain, la police apprend à Amin que son épouse est l’auteur kami­kaze de cet attentat sanglant. Elle le soupçonne même de complicité. D’abord incrédule, le médecin est vite terrassé par le chagrin et l’incompréhension…

Bel abîme de perplexité qu’offre ce premier film très maîtrisé de Ziad Doueiri, réalisateur libanais, qui s’est appuyé sur le roman de Yasmina Khadra. Voilà un cas assez rare, où la situation éminemment complexe de l’antagonisme israélo-palestinien nourrit du cinéma à la fois nuancé d’un point de vue idéologique et solide en termes d’action. Tout près du thriller, surtout dans la première partie, nerveuse, bien rythmée autour d’une série de révélations inattendues. Car, une fois admise la culpabilité de l’épouse, reste à connaître ses motivations. Le film devient vite une enquête personnelle, le veuf se rendant en Palestine pour savoir comment ce projet meurtrier a pu germer dans la tête d’une épouse qui se révèle, peu à peu, une autre personne, une inconnue. Ce voyage lui permet aussi de s’interroger sur ses propres racines, ses rapports familiaux, son parcours… Il vit le geste de son épouse comme une trahison, mais lui-même n’a-t-il pas trahi les siens ? Avec l’histoire de ce couple, ce sont les conflits intérieurs de chacun qui sont sondés et revisités, les choix accomplis, la manière de (se) vivre comme citoyen palestinien et/ou israélien.

Le cinéaste refuse la propagande. Il échappe aux préjugés en montrant deux cheminements tourmentés, plus ou moins heureux, qui reposent autant sur des convictions que sur des intuitions, des sensations, des sentiments. La politique, l’amour et la méditation sont ici inextricablement liés : c’est l’humain que privilégie le réalisateur. Preuve de son courage : L’Attentat a été boycotté et interdit de diffusion par les vingt-deux pays de la Ligue arabe, dont le Liban, terre natale de Ziad Doueri. Sous prétexte que celui-ci a tourné des séquences en Israël et a fait appel à des acteurs israéliens. C’est dire si la cause progressiste est encore loin de faire l’unanimité… — Jacques Morice

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Maintenant que nous sommes ensemble, ça va mieux

Epoustouflant, fabuleux, grandiose ! Cela valait le coup d’attendre pendant quelques heures d’angoisse dans les marches du théâtre d’Al Madina pour voir et entendre Incendies. Jamais pareille émotion ne me fut donnée au théâtre. Voir cette pièce à Beyrouth ! On sentait dans le public une force, un écho à ce qui se jouait sur scène inouï ! On ne peut que s’incliner devant Wajdi Mouawad et sa troupe. Mabrouk.

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Chaud devant !

Dimanche soir, chouette concert de Tania Saleh (si elle chante près de chez vous, je vous incite vraiment à aller l’écouter), pour inaugurer le festival du Printemps de Beyrouth. Au programme, 3 pièces de Wajdi Mouawad, que nous espérons voir : « Incendies », « La Sentinelle » (avec Jane Birkin) et « Seuls ». Je viens d’achever la lecture éblouissante de « Journée de noces chez les Cromagnons », pièce tragi-comique sur fond de guerre, écrite juste après la guerre, en 1991, dans laquelle on sent l’influence de Beckett. W.Mouawad travaillait en effet à l’époque à l’école de théâtre sur un projet lié à « En attendant Godot ».

Ce soir donc, nous allons voir « Incendies » et si d’aucuns en ce moment affirment « c’est chaud, en ce moment au Liban », je préfère y voir la chaleur de cette pièce, terrible il est vrai, que ce qui se passe sur le terrain.

Il ne faut ni se réjouir, ni se lamenter,car le temps est une flèche et la flèche invente sa cible à mesure qu’elle s’en approche. Ecrire c’est aussi cela, participer au mouvement général qui saura inspirer la flèche pour que la cible qu’elle s’invente au cours de sa course soit prodigieusement magique et légère comme l’enfance. (W.Mouawad)

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Réjouissant…

les débordements syriens résumés en un document infographique très bien fait du Monde…..On s’inquiète tout de même, d’autant que la violence augmente à Tripoli, notamment la nuit passée, et Tripoli, même si elle reste loin de notre vécu quotidien n’est qu’à environ 80 bornes de chez nous.

Tabboulé

Toujours plein de choses en tête que je voudrais vous partager et rarement le temps de me poser. Quoi mettre en avant ? Les tirs à Tripoli entre sunnites et alaouites de ces derniers jours (et les morts et les blessés) ? Le chaud soleil pour vous réchauffer l’âme ? L’expression -sans doute calquée sur le libanais- qui me fait rire « vous avalez votre ventre », dictée par la prof du cours d’aquagym ? Mon agacement à devoir batailler pour obtenir (encore) mon permis de séjour au pays des Cèdres ? La rue de Damas, où je passe quotidiennement et où se dresse la forteresse de la Direction Générale de la Sûreté Générale, devant laquelle des cohortes de Syriens poirotent toute la journée sous le caniard ? et bien, non, aujourd’hui, pour faire monter mon taux de lecteurs, je vous donnerai ici une recette ! En effet, la mélasse de caroube, dont j’ai parlé l’an dernier sur ce blog, consiste en un record de lecture ! Il est temps en effet, de lever le voile sur le tabboulé, le vrai ! Avec un peu de patience, vous aurez ainsi de la vitamine C à foison pour contrer le froid qui sévit sur l’hexagone !

Il vous faut effeuiller 1 bouquet de menthe, et 3 de persil puis les hâcher menu menu (c’est ça qui prend des plombes), y ajouter des tomates coupées en petits cubes ainsi que 2 oignons. Mélangez bien le tout, et ajoutez-y 1/2 verre de bourgoul, avec sel, poivre, jus de citron et huile d’olive. Le conseil de chef Ramzi, c’est de laver le bourgoul et de l’ajouter juste avant de servir pour qu’il soit al dente. Servir bien frais, régal assuré. Pour celles & ceux qui ne connaissent pas ce plat de base libanais, vous allez découvrir le persil sous un nouveau jour, et vous ne comprendrez plus pourquoi on en fait un si pauvre usage en France. Bon appétit les amis !