Bourj Hammoud

Bourj Hammoud, c’est le quartier arménien de Beyrouth. Je l’aime bien ce quartier, il est truffé de petites échoppes, qui vendent toutes les épices dont on peut rêver. Les rues sont étroites mais aérées : les immeubles ne dépassent pas 4 étages, impression de respirer quand on s’y promène. Le commerce foisonne, boutiques de vêtements, de chaussures, de jouets côtoient des ateliers souvent minuscules d’artisans en tous genres ( bois, métal, tissu, à chacun son domaine).

J’explique à Clément qu’on est dans le quartier arménien.J’attire son attention sur les affiches ornées de ce si gracieux alphabet. Quatre jeunes hommes discutent, je dis à Clément de tendre l’oreille, et il constate, surpris, qu’ils ne parlent pas libanais. L’un d’eux se tourne vers nous, grand sourire aux lèvres : « on parle aussi français, comment tu t’appelles ? ».

On y est venus pour voir une expo de photos, d’étudiants de l’ALBA (l’école des Beaux-Arts) sur le quartier justement. L’expo a lieu dans la Maison Rose, jolie demeure, siège de l’association Badguèr ( image, en arménien), qui met en valeur la culture et le patrimoine arméniens : salles d’expo, résidence d’Artisans & d’Artistes, possibilité de faire des visites guidées du quartier, et resto de cuisine arménienne. La cuisine, et je pourrais en parler longuement, est savoureuse. On trouve le basterma ( du boeuf salé, séché assaisonné d’ail, de cumin et de piment), le soujouk (des boyaux de mouton farcis avec de la viande hâchée), le itch ( taboulé arménien, avec du boulgour et des épices, sans persil, comme dans le taboulé libanais), les manté (sorte de raviolis cousins de ceux de Turquie ou du Kazakhstan), les sueboreg (chaussons de pâte feuilletée garnis de fromage), les légumes farcis ( et dans les échoppes de beaux colliers d’aubergines, de poivrons séchés) et toutes sortes de douceurs. Je n’ose faire la comparaison avec la Turquie, car c’est dans le quartier un sujet sensible, une grande banderole en français nous rappelle le génocide sur la route du retour, mais cela m’évoque le quartier, si agréable, d’Ulus, à Ankara.

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Humeur noire

Ce matin, salle des profs. Je m’installe sur un ordinateur afin de régler quelques trucs avant mon cours. Je porte : un pantalon noir, des chaussures noires et un tee-shirt noir. Une collègue arrive, s’installe sur le PC jouxtant le mien. Me scrute, intensément, puis un brin gênée : « ça y est ? ta mère est morte ? ». Moi : « non, c’est mon ordi. »

Répit

Ah, qu’il était bon en effet, de déambuler hier dans Beyrouth sans voiture, dans une ambiance bon enfant, genre kermesse à grande échelle ! (le choix de la photo de L’Orient le Jour laisse un peu à désirer, un horrible caniche en tenue kitchissime, alors que le quartier regorge d’anciennes demeures splendides, mais bon…) Incroyable comme le paysage change avec ou sans véhicules…Il faudrait désormais organiser une journée sans bruit ; samedi soir, nous étions au ciné, à la séance de 22h, nous avons vu le très beau film Amour de Haneke. Pendant toute la durée du film on entendait la musique orientale d’un café ou d’une boîte qui devait jouxter le cinoche…au secours ! assez ! On dira que ça fait partie du charme oriental…

http://www.lorientlejour.com/article/808958/mourir-de-plaisir-dans-mar-mikhail-pieton.html