Silence

Je pense à vous et ne vous oublie pas, rassurez-vous, mais hier, alors que je voulais faire découvrir Jacques Brel à mon fiston, mon ordi est mort, le con. Et la semaine passée j’étais en France…Un autre monde…

Chaleur, bourrasques de vent aujourd’hui, et pensée tourbillonnante pour ma mère, qui naquit il y a 77 printemps.

Publicités

Happy birthday Maria !

Depuis le temps que j’en entendais parler de ces anniversaires, il était indispensable que j’aille en voir un de mes yeux ! Anouk étant invitée pour les 5 ans de Maria, nous sommes parties à « l’univers d’Albert », boîte à fric pour parents sans idées, à 45mn aller dans la banlieue de Beyrouth. La maman d’une autre petite copine d’Anouk a eu l’amabilité de me proposer de faire route ensemble. Heureusement ! jamais je ne serais parvenue là-haut sur la colline. Quel bordel, mais quel bordel,cet environnement ! une densité de béton inimaginable, un imbroglio de routes, des panneaux publicitaires gigantesques qui agressent la vue et bien entendu absolument aucune indication pour nous montrer le chemin. Je suis vraiment admirative du nez qu’ont les Libanais pour se diriger dans cette jungle urbaine, vraiment !

Bref, à 16h pétantes nous sommes arrivées dans le fameux univers (impitoyable) d’Albert. Musique à donf, et animatrices de choc. Accueil par la maman de la petite Maria, déjà affairée à poser tour à tour avec chacun de ses 25 convives devant le buffet regorgeant de sandwichs et autres hamburgers.La responsable (si j’ose ici employer ce terme, car j’ignore si cette grosse dondon avait le sens des responsabilités) hurlait dans le micro « allez, qui n’a pas fait la photo avec Maria ? », au suivant, au suivant, me susurrait le grand Jacques à l’oreille. Elle bêtifiait grave : « c’est l’anniversaire de qui ? de MA-RI-AAAAAAA ! ». Au bout de 20 fois, Anouk, très sérieusement me dit « elle n’a pas dû recevoir le carton d’invitation, elle ne sait pas qui fête son anniversaire ».Timing oblige (16h-18h, hein, pas plus), l’animatrice a commencé à enchaîner des jeux plus stupides les uns que les autres, où tout le monde gagne et où « les garçons courent, mais les filles marchent » sur fond de daube sonore… Le clou du spectacle fut quand elle a demandé aux mamans de se joindre aux enfants et de faire un cercle, pour danser le gangnam style, vous savez, ce truc coréen complètement débile avec chorégraphie cavalière…. quel moment intense ! quel bonheur sur le visage des enfants ! La grosse dondon les trouvant sans doute trop calmes, se déchaînait « vous êtes contents ? quoi ? je ne vous entends pas ! C’est l’anniversaire de qui ? ». Et rouge de plaisir à les entendre s’égosiller, en remettait une couche. Puis le temps du gâteau est arrivé, il a surgi de derrière un rideau, rose à souhait, dégoulinant de crème et de mièvrerie, tellement énorme que la petite Maria ne parvenait pas à l’atteindre pour souffler ses bougies. Puis ce fut le buffet, il était déjà 17h45 et Anouk et moi nous sommes demandées si la petite Maria allait ou non ouvrir ses 10000 cadeaux. Anouk s’inquiétait ; les livres qu’elle avait choisi pour l’occasion allaient-ils lui plaire ? Mais en fait, rien, les cadeaux, on les déballe à la maison, en catimini…ah, ben il est où le plaisir d’offrir ?

Dans un coin de la salle, deux bonnes semblaient s’ennuyer à mourir. Je suis allée voir l’une d’elle, une Malgache je crois, mais nous n’avions pas de langue commune, juste des sourires et des regards (qui voulaient tout dire d’ailleurs). Et à l’entendre parler libanais, je me suis dit « c’est peut-être la seule qui parle arabe ? » car, hormis le français approximatif de la grosse dondon et celui des mamans libanaises, le « happy birthday Maria ! » chanté au micro par les enfants les plus téméraires (Jacques Martin aurait pu aller se rhabiller), nul parler local.

Au retour, au calme dans les bouchons, Anouk et son autre petite amie Marion, ont dit qu’on ne les y reprendrait plus – trop de bruit, beaucoup d’ennui – et que les anniversaires chez les copines avec le bon vieux gâteau maison, c’était quand même sacrément plus chouette. Moi et l’autre maman, on était drôlement soulagées et, je dois le dire, super fières de nos filles.