Eclairage

Pour celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre le pays, je vous propose d’écouter les matins de France Culture du 23 octobre dernier. Un éclairage – me semble-t-il – intelligent et bien fichu.

http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-le-liban-pouvait-il-rester-longtemps-en-dehors-du-conflit-syrien-2012-10-23

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Salon du Livre

Enfin quelques réjouissances à vous annoncer les amis en ce jour de l’Aïd : ce soir c’est l’inauguration du Salon du Livre. Je vais aller claquer une bise à Bernard Pivot et surtout m’enivrer de livres, et de rencontres autour de celui-ci….

http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/784677/Le_Salon_du_livre_envers_et_contre_tout.html

http://www.salondulivrebeyrouth.org/programme/date/2012-10-26

Décidemment, quel charisme !

Ce matin, j’attends le mini-bus pour aller au travail, au pied de la Maison Jaune (dont les travaux n’avancent guère), sous une pluie battante. Dans le ciel des éclairs, dans l’air des rafales de klaxons, dans mes sandales des trombes d’eau.

J’attends. Longtemps.

Je mouille. Beaucoup.

Je cogite. Pas mal.

Une petite voix intérieure, sournoise, me dit- allez, Anne-Cécile, répète avec moi  « le Liban, c’est super ! Le Liban c’est super ! Le Liban c’est super ! »

L’art de convaincre…

Discussion au dîner en ce lundi soir.

Clément- Quand est-ce qu’on quitte le Liban ?

Moi- pourquoi tu veux quitter le Liban ?

Clément- Y a eu l’attentat vendredi. Et aujourd’hui la maîtresse nous a dit à la récré de jouer sous le préau, parce que sinon on pourrait se prendre une balle perdue. On entendait les coups de feu. Elle nous a dit aussi qu’un garçon de l’école avait été blessé vendredi, qu’il avait reçu des bouts de verre dans le bras.

Moi- ( intérieurement, euh… ) moi aussi, pendant que je faisais cours aujourd’hui j’entendais les coups de feu derrière l’ambassade. Tu sais, si c’est vraiment dangereux, on quittera le Liban, mais pour l’instant on reste.

Anouk- moi aussi, je veux partir !

Moi- oui mais si on rentre en France, il fera froid et tu mangeras de la soupe de potiron tous les soirs.

Anouk- dans ce cas…..

Un corbillard s’avançait dans le brouillard

Avez-vous jamais chantonné cette ritournelle lorsque vous étiez enfant ? moi, si. C’est en entendant cet air tout à l’heure, que ces paroles me sont revenues. Je tentais une petite sieste, en vain : musique militaire, sirènes, véhicules, discours (?) au micro. Il me semble que la cérémonie d’adieu au chef des Renseignements de la police, se tient à 2 pas d’ici, avant que ne se fassent les funérailles populaires place des Martyrs, à la mosquée Al Amine, et où sont attendus des milliers de manifestants.

Des militaires patrouillent la rue, on les voit du balcon. On va peut-être aller à la piscine, se détendre, si l’on sort. C’est à l’opposé du centre ville, dans les hauteurs, au frais.

Merci à tous pour vos sympathiques messages, cela met du baume au coeur. Bon dimanche à vous.

Attentat

Merci pour vos messages, qui ont afflué hier dans ma boîte mèl. Ce message pour vous rassurer : l’explosion a eu lieu non loin de chez nous, rue Mounzer, passage que j’emprunte régulièrement, mais nous n’y étions pas. Anouk et moi faisions la sieste. La bombe m’a réveillée, j’ai cru qu’il s’agissait des bruits du chantier au bout de notre rue. les vitres ont tremblé, assoupie que j’étais, je n’ai rien vu. J’ai voulu ensuite téléphoner à une copine pour lui proposer de venir à la piscine avec nous, la ligne ne fonctionnait pas. J’ai pensé que mon téléphone avait un petit problème technique. En sortant dans la rue, il y avait une forte odeur de brûlé, là encore, j’ai mis cela sur le compte des travaux. Entre la circulation, les générateurs, les chantiers, il est fréquent de respirer de mauvaises odeurs. Naïveté ? peut-être. Mon homme, lui était en cours. Il a pensé que c’était un avion et ce, en dépit du souffle de l’explosion. Mais il a tout de suite fait face à la réalité ; ses élèves eux savaient de quoi il s’agissait. Panique à bord, chacun avec son téléphone en main et l’envie de quitter l’établissement.

En fait, c’est curieux, mais au départ ici, comme vous l’avez déjà parfois lu, j’étais assez fréquemment aux aguets sur la situation politique, ici et chez nos voisins. Puis, est-ce l’habitude, on cesse d’être attentif ou plutôt on est en mode veilleuse. Et cela ressurgit, violemment, sans qu’on s’y attende. D’où l’incrédulité première, et la lente compréhension des choses.

Pour l’heure, en ce matin de deuil national, je ne peux que penser aux victimes et à leurs proches, et aussi me réjouir de vous écrire encore.