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Ahlan wou sahlan*

Aujourd’hui le Musée National ouvrait ses portes gratuitement, notamment aux familles, en raison de son 70e anniversaire. Mime, marionnettes, présentation d’instruments, diverses animations étaient au rendez-vous.

Dans le hall d’entrée, je me dirige avec Anouk vers la porte d’entrée. Le gardien m’arrête :  » Il faut d’abord acheter vos billets au guichet. » Je lui rétorque que j’ai lu dans la presse que c’était gratuit aujourd’hui, ce à quoi il me répond  » oui, pour les familles libanaises. »

*bienvenue

25 mai

Le 25 mai au Liban est un jour férié : c’est l’anniversaire de la Libération du Liban-sud contre le régime sioniste en 2000. Je suppose que cette célébration ravive des tensions. Je me trompe peut-être, je trouve cela vraiment difficile de s’y retrouver dans cette tumultueuse histoire libanaise. Je ne saisis guère certaines subtilités des diverses confessions, mais je constate encore que la sérénité n’est pas de mise autour de moi. Une collègue libanaise me disait ce matin « on est au bord de la guerre civile ». J’espère qu’elle se trompe. Mon moral est meilleur depuis mon billet « crainte » car, comme je le disais, la vie suit son cours, malgré tout. Mais je suis avec encore plus d’attention qu’à l’ordinaire les dépêches des agences de presse. Il y a une heure, à l’USJ ( Université Saint-Joseph), à deux pas d’ici, des étudiants pro-Hezbollah se sont battus avec des étudiants pro-Kataëb (les Phalanges Libanaises, si ça vous dit quelque chose)… Ambiance pas vraiment sereine.

Pour moi, le 25 mai est associé à un jour de fête puisque c’est l’anniversaire de mon fils. Le jour de sa naissance, c’était aussi le jour de la fête des mères. J’espère bien pouvoir encore longtemps associer cette date à un jour de grand bonheur.

 

Crainte

« La politique consistant à tenir le Liban à l’écart des événements de Syrie, si chère à Nagib Mikati, a donc vécu. Elle a définitivement rendu l’âme hier, à un barrage militaire du Akkar… des suites d’une longue maladie, pourrait-on préciser.
Depuis quelques jours, les indices se multiplient à un rythme infernal sur les évidentes intentions du régime syrien de passer enfin à l’acte au Liban, l’objectif étant de faire comprendre au Premier ministre libanais que son slogan n’est plus de mise et que le gouvernement qu’il dirige se doit d’être plus coopératif.

Entretenir la discorde au Liban a constamment été le principal moyen utilisé par Damas, dans ses meilleurs jours, pour faire plier toutes les résistances libanaises.Voudrait-on qu’il en soit autrement à présent que le régime syrien est placé dos au mur ?  »

C’est avec ces mots de L’Orient le Jour que commence ma journée,( je suis levée depuis 5h et vous assure que la nuit n’est déjà plus et que le soleil se déverse à flots). Je suis inquiète et tendue.

Notre quotidien depuis quelques jours ressemble au quotidien, on travaille, on prend du bon temps le week-end, on suit notre petit bonhomme de chemin. Parallèlement, en lisant la presse, en constatant la propagation des morts ( Deux personnes ont été tuées et 18 blessées lors de heurts à Beyrouth entre un mouvement libanais sympathisant de la révolte syrienne et un parti favorable au régime de Bachar al-Assad, ce matin même), on sait bien que quelque chose cloche, qu’on est sur un terrain glissant et que l’on pourrait bien vite déraper. Et puis, les hélicoptères qui survolent la ville de plus en plus fréquemment ne sont pas là pour nous rassurer. Cela m’est assez difficile à décrire, la tension est tangible sans l’être. Pour mieux vous expliquer mon sentiment, c’est comme faire le deuil d’une personne aimée de son vivant, à cause d’une saloperie de maladie appelée Alzheimer. Ca pue la mort et pourtant, lorsque je regarde à ma fenêtre, je vois le concierge d’en face arroser ses fleurs, un chauffeur de taxi laver sa voiture, j’entends un ballon qui rebondit dans la cour de l’école voisine. Les oiseaux chantent, le ciel est bleu.

Des Français qui vivent ici depuis plusieurs années n’en sont pas à leur première crainte ; 1000 fois ils ont eu peur, 1000 fois « pour rien ». Je ne crois pas en cet « inch’allah » si répandu ici, mais je ne peux que constater qu’il faut continuer sa vie, d’ailleurs que puis-je faire d’autre ?