Oranges, bananes et compagnie

Les jours où j’accompagne mes enfants le matin à l’école, je vais dans la foulée me ravitailler en fruits et légumes à deux pas du lycée. Au coin d’une rue, se trouve un étal bien achalandé et bon marché. Lorsque j’arrive,vers 7h30, c’est déjà la grande effervescence : des femmes principalement, des « bonnes » surtout. Le type qui gère ce commerce a une pièce à disposition, dans laquelle il entrepose ses provisions et cet espace extérieur, abrité par ces grands rideaux rayés, que l’on trouve à tous les balcons et qui me font toujours penser à l’Espagne.Il faut jouer des coudes et s’imposer pour faire peser ses denrées. On trouve aussi des oeufs, du concentré de tomates maison ou du sirop de mûre, maison également, délice courant au Liban. Le patron a la cinquantaine, un survêtement adidas et un coup de crayon remarquable.( je suis toujours fascinée par ses hiéroglyphes tracés sans hésitation). Il est également d’une grande habileté pour manier ses poids sur la vieille balance rouillée.Outre les cris des commères, c’est la sonnerie de son téléphone qui le dérange régulièrement. Cette sonnerie, des sons de cloches, dignes d’ un mariage, s’accorde parfaitement au programme diffusé à la télé, qui se trouve au fond de la petite pièce ; en effet, quelque soit le moment où je vienne chez lui, invariablement on  assiste à la retransmission d’une messe. S’agit-il d’un miracle ou garde-t-il précieusement une vieille cassette VHS qu’il repasse en boucle ? Mystère et boule de gomme.

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