Can they ?

Vous trouverez peut-être ce lien redondant, mais ce sujet des « bonnes » me choque toujours autant, notamment parce que je les croise par dizaines chaque jour. Elles sont à mes côtés à la sortie de l’école, au supermarché (elles poussent un caddie blindé de vivres derrière madame), dans le square près du toboggan, à la piscine (pas dans l’eau sur le bord à surveiller les enfants) dans la rue (souvent avec au bout d’une laisse un chien court sur pattes), dans les centres commerciaux, au restaurant (dans un coin en train de bercer l’enfant de la patronne dans son landau). Elles me fascinent, me renvoient à ma chance de ne pas être à des lieues de mes enfants, d’être libre et respectée. Elles me sourient beaucoup et encore plus en voyant mes enfants.

Cet article est paru dans le Monde d’aujourd’hui.

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I can’t read Arabic

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque jour, en allant à l’école on passe devant cette affiche. Quelle poisse d’être analphabète ! De quoi peuvent-elles être bien capables ces braves dames ? Est-ce un slogan féministe, s’agit-il de battantes qui le disent haut et fort ? Y-a-t-il un arabophone dans la salle qui puisse me décrypter la sentence ?

 

Geryes a encore frappé

Aujourd’hui au Liban, c’est la fête des mères, cela prend une dimension pantagruélique…

Les taxis Geryes, que vous connaissez déjà, ont donc remis ça ; sur l’écriteau, en haut du gâteau est inscrit « bon fête mamman »

.Comme me l’a expliqué ma prof de libanais ce matin, on en fait tout un foin ici, comme pour se déculpabiliser de tous les autres jours où les droits de la femme (de la mère) sont bafoués….

Cafard

Que faites-vous quand vous avez le moral en berne ?

Moi j’écoute l’album de Bashung, Bleu Pétrole. Pour moi cette musique s’adapte à tous paysages, volcans d’Auvergne, bord de mer ou déambulation dans Beyrouth. Elle me transperce, me fait serrer la mâchoire,  » la force décuplée des perdants ».

Et à propos de chanson française, donnez-moi un titre qui pour vous serait LA musique à faire écouter à un étranger. Merci de votre contribution, cela me sera très utile pour mon cours de demain soir.

Pour vous remercier, je vous laisse écouter Résidents de la République :

 

 

Dans les familles Smith, Martin et Haddad, je demande la mamie !

La prosodie d’Anouk, je l’ai déjà dit, est souvent semblable à celle des Libanais, lorsqu’elle s’exprime. Je suis malheureusement incapable de vous décrire noir sur blanc cette intonation, si caractéristique des Libanais francophones (et si drôle dans la bouche de ma fille). Un jour, elle s’est mise à m’appeler « mamie ». Comme beaucoup d’enfants de son école sont aussi anglophones, je croyais qu’il s’agissait de « mummy ». Mais quand son papa est rentré du travail, elle s’est écriée, toute joyeuse, « voilà papi ! ». Un peu décontenancée, je me suis dit que mes 40 ans avaient été fatals, j’avais d’ailleurs remarqué des cheveux blancs dans ma chevelure récemment. En fait, j’ai réalisé, en ouvrant l’oreille à l’école, que les petits libanais,très souvent, appellent ainsi leurs parents.

La semaine dernière, j’attendais Anouk dans la cour, qui faisait sa 36e dernière descente de toboggan, quand une maman libanaise à mes côtés a dit à sa fille « viens mamie, on rentre à la maison. » La mamie en question n’en faisant qu’à sa tête, j’ai pu vérifier l’exactitude des propos de la grand-mamie,si je puis dire, qui l’a appelée un nombre incalculable de fois (Anouk en était à sa 728e descente). On en perdrait son latin.

D’ailleurs, ces « souvenirs » que l’on trouve dans la boutique du musée national, ne sont pas qu’un cliché comme je le croyais. J’ai entendu 2 mecs discuter à Hamra, le premier s’adressant de la sorte à son pote  » hi, kifak, comment ça va ? ». Puristes, s’abstenir…

Oranges, bananes et compagnie

Les jours où j’accompagne mes enfants le matin à l’école, je vais dans la foulée me ravitailler en fruits et légumes à deux pas du lycée. Au coin d’une rue, se trouve un étal bien achalandé et bon marché. Lorsque j’arrive,vers 7h30, c’est déjà la grande effervescence : des femmes principalement, des « bonnes » surtout. Le type qui gère ce commerce a une pièce à disposition, dans laquelle il entrepose ses provisions et cet espace extérieur, abrité par ces grands rideaux rayés, que l’on trouve à tous les balcons et qui me font toujours penser à l’Espagne.Il faut jouer des coudes et s’imposer pour faire peser ses denrées. On trouve aussi des oeufs, du concentré de tomates maison ou du sirop de mûre, maison également, délice courant au Liban. Le patron a la cinquantaine, un survêtement adidas et un coup de crayon remarquable.( je suis toujours fascinée par ses hiéroglyphes tracés sans hésitation). Il est également d’une grande habileté pour manier ses poids sur la vieille balance rouillée.Outre les cris des commères, c’est la sonnerie de son téléphone qui le dérange régulièrement. Cette sonnerie, des sons de cloches, dignes d’ un mariage, s’accorde parfaitement au programme diffusé à la télé, qui se trouve au fond de la petite pièce ; en effet, quelque soit le moment où je vienne chez lui, invariablement on  assiste à la retransmission d’une messe. S’agit-il d’un miracle ou garde-t-il précieusement une vieille cassette VHS qu’il repasse en boucle ? Mystère et boule de gomme.