Musique

Après 7 mois passés sans mon accordéon, je viens de le retrouver ( merci encore Mapo & Nico !). Je n’avais pas trop l’impression qu’il me manquait et en fait, c’est le grand bonheur de le retrouver et de m’y remettre. Les enfants aussi sont ravis.

Jusqu’à présent nous n’avons pas vraiment profité de la musique locale. J’espérais, que comme en Turquie, il suffirait de franchir le pas de la porte d’un café, pour découvrir une atmosphère enfiévrée avec musiciens et danseurs à tout va. En fait, une fois cela a été le cas, avec 2 musiciens, un accordéoniste et un joueur de darbouka, qui se déchaînaient à qui-mieux-mieux. C’était au coop d’état, un bar tout en étages, où on était venu voir une expo de dessins, dans ce lieu quelque peu underground, avec expos et projection de films sur les toits aux beaux jours.

J’ai pu également assister à un concert de musique classique arabe, donné gratuitement par l’orchestre national. En plus de l’orchestre traditionnel, il y avait des ney, ces longues flûtes utilisées dans la musique soufi, des accordéons chromatiques, des percussions, des ouds et des qanouns ( un instrument à 81 cordes si je ne m’abuse, en bois avec une forme de trapèze). Apparemment, l’orchestre joue très régulièrement  gracieusement, ce qui est vraiment une chance. Certains morceaux étaient accompagnés par de jeunes chanteurs, des élèves du conservatoire si j’ai bien saisi. Une jeune femme, à peine sur scène, a lancé un « ya habibiiiiiiiii », langoureux, les mains accompagnant la ferveur qui sortait de sa jolie bouche, le public a applaudi à tout rompre, devant moi des têtes masculines aux cheveux gris lançaient des cris de joie et d’encouragement, c’était génial. Le public était très réceptif et réactif, ça m’a bien plu, c’était beaucoup moins formel qu’en France.

Il y a également pléthore de concerts en tous genres, le DRM (  » Democratic Republic of Music »)  est la salle emblématique à Hamra,  le centre ville ; elle date de mai 2011, c’ est la scène alternative de Beyrouth, avec par exemple des concerts de rap libanais. Malheureusement, nous n’avons pas encore pu tester.

Il existe également des festivals, en ce moment c’est le festival Al Bustan (19e édition cette année), plutôt tournée vers la musique classique. Cette année c’est l’Amérique latine qui est à l’honneur. Cela semble de très bonne qualité, mais les prix sont au dessus de nos moyens.

Pour l’heure, la musique est celle des tornades, c’est une véritable tempête qui sévit depuis la nuit passée. IL faisait 19° hier, il fait 5° ce soir, et il neige à très basse altitude.Je vous laisse, je vais aller frapper sur mes gamelles, l’heure du souper approche à grands pas. Bon appétit !

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Choc des cultures

En Turquie j’avais été surprise au départ quand je travaillais à l’université de Bilkent de constater que mes étudiants, des privilégiés d’une vingtaine d’années, s’étaient offusqués qu’en France on puisse vivre dans le péché (= en couple sans engagement officiel). Avec leur look tellement occidental et leur fascination pour l’Amérique, les grands décolletés des filles et la drague entre ces jeunes gens, je pensais qu’ils voyaient les choses de la meme façon que nous. Naive je suis, naive je reste ; il y a quelque temps, je suis retombée dans le meme panneau en cours. Evoquant mon compagnon, Martine, la trentaine, me demande s’il s’agit de mon mari. Je lui dis n’etre pas mariée et elle renchérit  » et vous avez des bébés avec lui ? vous les avez faits avec lui ? ». J’avoue que les bras m’en sont tombés. Mais c’est lorsque j’ai commencé à parler du PACS que les choses se sont corsées. J’ai toujours-je l’avoue bien volontiers- une petite jubilation à évoquer le fait que le PACS concerne aussi les couples de meme sexe, mais là, c’était quelque chose ! Cindy, une instit de 25 ans, avec un look tape-à-l’oeil, un brin vulgaire, me dit qu’elle n’aimerait pas qu’un tel contrat existe au Liban, car la maladie pourrait se répandre. Horreur et sueurs froides m’ont envahies. Je crois que j’ai eu du mal à ne pas afficher mes sentiments, d’ailleurs, mon visage était défiguré par l’abomination de tels propos !

On m’avait dit qu’il existait des sujets tabous au Liban, mais je ne m’attendais vraiment pas à un tel mode de pensée… Une petite claque pour Anne-Cécile, allez, ça me donne ainsi l’impression d’etre jeune encore, j’avais presque oublié cette sensation ! ( celle de la claque, pas celle d’etre jeune tout de meme !)

Pratique colombophile

Le saviez-vous ?

Pratiquement coupés du reste du monde, des opposants à Bachar-al-Assad à Homs, ont recours à des méthodes ancestrales pour communiquer : ils utilisent des pigeons voyageurs pour se donner des nouvelles de quartier en quartier. L’un des militants, Omar, interviewé par l’Orient le Jour s’exprime ainsi « merci Bachar de nous faire revenir au Moyen-Age ».

Vous savez aussi peut-être, qu’il y a quelques jours, à Tripoli (au nord du Liban), il y a eu 2 morts et 24 blessés. La tension est énorme entre les Sunnites (qui soutiennent la révolte en Syrie) et les Alaouites ( minorité dont est issue Bachar-al-Assad). Apparemment, ils ont des milices qui règnent en maîtres sur certains quartiers de la ville et l’armée libanaise ne s’y risque même pas. On se demande vraiment si cette violence ne va pas s’étendre dans tout le pays. Hier, il y avait beaucoup plus de militaires (souvent de très jeunes hommes, qui plaisantent volontiers, leur grosse arme à bout de bras) dans les rues de Beyrouth, mais comme c’était l’anniversaire de la mort de Hariri, ce n’était sans doute que dû à cet évènement.

Lorsque l’on s’est inscrits à l’ambassade au mois d’août, on nous a remis un document nous demandant d’avoir toujours chez soi, un sac avec papiers, eau, biscuits, vêtements chauds , couverture, au cas où…Parfois, j’y pense, mais en même temps, je sais que je ne ferai jamais ce sac. Inconscience ? je ne sais, mais à mes yeux c’est un peu comme avoir une assurance vie. Quand on est mort, on est mort. Je songe plutôt à dompter un pigeon voyageur, en l’entraînant à aller vers la France, pour vous porter de mes nouvelles lorsque toutes les voies de communication modernes seront saturées voire détruites… Je suggère à mes amis parisiens d’en faire de même car ici à Beyrouth, je n’ ai pas encore vu ce type de volatiles. Alors, à vos talents de dressage, du ciel, j’attends vos messages !

 

 

14 février

Désormais le 14 février ne sera plus associé pour moi à cette stupide fête de la Saint-Valentin, jour des amoureux (et du commerce qui va avec), comme si obligatoirement à cette date on devait se regarder dans le blanc des yeux, même un jour d’engueulade. Bref, je m’égare. Demain, les écoles seront fermées, car on célèbre l’anniversaire de la mort de Rafic Hariri,ancien premier ministre, assassiné le 14 février 2005. Je ne vous ferai pas un topo sur le Tribunal Spécial pour le Liban, chargé de faire la lumière sur les circonstances de l’attentat et de juger les coupables. Ce que je note aujourd’hui, c’est plutôt que ce jour férié a été décidé très tardivement (comme souvent ici) par le gouvernement et que d’une année sur l’autre, il l’est ou pas, en fonction des jeux politiques… Ca tombe bien, Anouk a la scarlatine et ne doit pas aller à l’école…Son papa pourra la garder. Bonne journée.

Zaytuna Bay

Aujourd’hui, jour de la Saint Maron, les écoles étaient fermées. Merci Saint Maron ! Je travaillais pour ma part ce matin, mais cet après-midi nous sommes allés pour la 1ere fois faire un tour au port de plaisance de Beyrouth.

En fin d’année dernière, le projet appelé Zaytuna Bay a été mis en place : vaste projet immobilier et touristique s’il en est avec la création d’un espace piétonnier, des restos, un yacht club, quelques boutiques haut de gamme et des résidences de luxe .Les surfaces des restos varient de 150 à 450 mètres carrés pour un loyer de plus de 1 000 dollars par mètre carré (cf Le Commerce du Levant, mars 2011). Le capital est passé de 64 millions de dollars au départ à 200 millions aujourd’hui. « Nous ne lésinons pas sur la qualité, affirme Kamal, l’un des parrains de Zaitunay Bay (un vieux beau à cravate jaune). Nous construisons selon les normes internationales et utilisons les meilleurs matériaux. Nous sommes le premier immeuble dans le pays candidat à la certification LEED » (attribuée aux constructions respectueuses de l’environnement). Le Yacht Club et ses résidences sont gérés par la Société des Grands Hôtels du Liban, propriétaire des hôtels Phoenicia et Vendôme. Certaines d’entre elles seront louées exclusivement aux membres du Yacht Club, d’autres seront vendues au-delà de 20 000 dollars le mètre carré. Dans un premier temps, BWD (Beirut Waterfront development) ne compte en céder que 20 %. Les plans sont signés par l’architecte américain de renom Steven Holl, l’architecte exécutif du projet est Nabil Gholam et l’architecte d’intérieur du Yacht Club et des résidences Nabil Dada.

Bref, autant vous dire que ça sent l’opulence à plein nez, mais la promenade est franchement assez agréable, dans ce lieu qui se veut une renaissance et une expansion de la ville contemporaine et même quasi européenne, comme le notait une collègue de Richard. C’est vrai que, personnellement, cela m’a évoqué Dublin. En voici quelques clichés.

 

 

 

 

 

 

 

Promotion touristique

Cet après-midi, une fois encore, nous étions à la plage de Ramlet el Baïda, pour fêter avec quelques amis les anniversaires des  nombreux verseaux d’ici (Anouk a 4 ans aujourd’hui). En arrivant sur la plage voici ce qui nous attendait :

 

 

 

 

 

 

 

Un chameau sur la plage, quel exotisme ! A une trentaine de mètres de là, l’escapade touristique continuait avec son campement de bédouins…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Serions-nous retournés en Egypte d’un coup de baguette magique ? En fait d’exotisme, il s’agissait du tournage d’un film. Moult badauds étaient attroupés autour de  l’équipe de tournage, les figurants, les grands rôles et toute la clique.Une de nos copines, qui est monteuse de documentaires , nous a expliqué qu’il s’agissait certainement d’une pub ou d’un clip. Car en plus des bédouins, il y avait une belle blonde, elle aussi très exotique ici.

Cela a duré une bonne partie de l’après-midi ; beaucoup d’attente puis au coucher du soleil, tintinnn, attention, branle-bas de combat, les bédouins ont fait un feu devant leur tente avec le chameau calmé tant bien que mal à leurs côtés. Au moment de quitter ce formidable spectacle (car tout de même  y a de l’école demain), nous avons appris qu’ il s’agissait d’une promotion touristique….du Qatar !

De l’autre côté de la plage, ambiance populaire à souhait, familles fumant la chicha, gamins dans les vagues ou jouant au cerf-volant, jeunes hommes en mal de femmes, tout cela me réjouissant à chaque fois, j’ ai pris quelques photos, spécialement pour vous !