Niha

Hier, nous sommes allés nous promener au fin fond du Chouf, la montagne au sud de Beyrouth, avec pour objectif la forteresse troglodytique de Niha. En réalité, on ne savait pas trop à quoi s’attendre, car on avait vraiment peu d’infos sur le coin. Cela fait réfléchir sur la notion de tourisme car on est assez mal documentés d’une part (ce n’est pas faute de recherches pourtant, mais la guerre n’a pas aidé de ce côté là non plus), et d’autre part, les critères classiques européens ( balisage, infrastructures touristiques) sont rarissimes dans la nature ( beaucoup moins sur les côtes bétonnées,  mais elles nous tentent nettement moins). Ca a du bon et du moins bon ; il est épuisant de chercher l’endroit convoité ( je vous parlerai plus longuement des joies de la voiture au Liban une prochaine fois), mais quand on le trouve, je vous raconte pas le grand bonheur, d’autant que le lieu semble vraiment préservé !

Nous sommes donc partis au pays des Druzes, l’une des nombreuses communautés libanaises qui vit au coeur de cette montagne. Cette secte est issue  du chiisme et croit en la réincarnation. Leur doctrine est accessible aux seuls initiés et d’ailleurs ne se pratique pas dans les mosquées mais dans les « cellules » (khalwa,si vous voulez briller en société). Malgré le mystère qui plane autour de leurs pratiques, on peut au moins les reconnaître à leur costume. Les hommes portent un sarouel noir et un tarbouche blanc (sorte de turban) et les femmes une robe noire et un long voile blanc. Malheureusement, je n’ai pas osé prendre un homme en photo, c’est dommage car ils ont vraiment fière allure. En revanche, j’ai réussi à attraper au vol une femme pendant la pause pipi des enfants.

 

 

 

 

 

 

 

On a bien failli ne pas atteindre notre objectif vous disais-je, car à Niha, d’une part le bled était désert, d’autre part la rare signalétique était uniquement en arabe. Je dois reconnaître que mon élan vers cette calligraphie s’est quelque peu tari, j’ai d’abord pour idée de pouvoir parler un minimum, ce qui est déjà laborieux, d’autant plus que mes rudiments d’égyptien ne me servent guère. Bref, on a grimpé une route sinueuse pendant quelques kilomètres, je commençais à en avoir ras-le-bol de conduire, on est redescendu et là, miracle, il y avait sur la place du village un pépé. Il nous a baragouiné quelques mots en arabe, tout fier de nous indiquer comment aller à Beyrouth. Des petits jeunes qui sortaient d’un bistrot (ah, quand même la vie !), nous ont confirmé qu’ils fallait grimper cette petite route d’où nous venions et persévérer. J’ai fait demi-tour dans un nuage de poussière avec crissements de pneus (juste pour mettre un peu d’animation sur la place) et suis repartie là-haut ; on a suivi ce que notre pif nous indiquait lorsqu’il y a eu croisement. Par chance (nous qui sommes maudits sur toute la ligne depuis 4 mois ! si, si, d’ailleurs le jour de Noël, alors que le lapin (de Vendée !) cuisait dans le four, la bonbonne de gaz a lâché), nous avons fait le bon choix. Il a fallu monter un chemin escarpé ( à pied cette fois), pour aboutir là.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et là, on avait plus qu’à descendre pour voir cette forteresse, taillée en forme de grotte avec des cavités impressionnantes à flanc de roche. Au Moyen-Age, ces chambres sur plusieurs étages, étaient alimentées en eau par des sources et munies de citernes. La forteresse était bien fortifiée et fermée par une muraille percée d’ouvertures. En 1635 l’émir-je-ne-sais-plus-comment, persécuté par le pacha de Damas, s’y réfugia avec sa famille. Le lieu est vraiment époustouflant, perché au milieu de nulle part.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la route du retour, on se serait cru aux cinque terre, en Italie, avec ses terrasses accidentées.Voyez un peu.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma conclusion du jour, c’est que le Liban vaut le détour, même si ce détour se mérite (je préfère taire le nombre d’heures passée dans la voiture au cours de la journée..).

Enfin, pardonnez-moi, ce soir je suis bavarde, un autre détour que je vous conseille, pour l’avoir siroté ce soir en vous écrivant : le café blanc, dont je vous livre ici le secret : faites bouillir de l’eau , ajoutez-y 2 cuillères à soupe de sucre, 2 cuillères à soupe de fleur d’oranger et partagez avec qui-vous-voudrez. Qu’il vous profite !

 

 

Une réflexion au sujet de « Niha »

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