Mélasse de caroube

Même si les hivers sont moins rigoureux ici qu’en Auvergne, il faut lutter contre le froid.En effet, il n’y a pas de chauffage dans notre appartement et nous souffrons déjà du froid. On a bien la clim « inversée », mais c’est franchement pas très efficace et vraiment désagréable (la version été, ne nous convient d’ailleurs pas davantage, le ronron de cet air artificiel n’est pas fait pour nous). On a acheté un petit radiateur d’appoint, mais avec l’absence de double-vitrage et l’orientation nord de notre pièce à vivre, ce n’est pas un succès. On va acheter un radiateur à gaz, on espère pouvoir en profiter davantage, d’autant que cela nous évitera la coupure d’électricité ( théoriquement 3h/jour, mais ces derniers temps, c’est plus que ça). Bref, pour limiter rhumes et otites, nous prenons un bon petit déjeuner, comme le recommandent les nutritionnistes de tous poils. Outre  le bon miel en provenance de la montagne, de la confiture bio de figues sèches (parfumée à l’anis et agrémenté de sésame), nous nous nourrissons de mélasse de caroube. Kesako diront certains ? Les turcophiles feront sans doute le lien avec le pekmez, qui en est la version turque. IL s’agit d’une sorte de sirop à base de pulpe de la gousse du caroubier, arbuste qui se trouve dans la région et dont voici une photo.

La mélasse de caroube est riche en vitamine B et en  minéraux. On lui prête d’ailleurs toutes sortes de qualités. Moi je la trouve bonne, elle a un je-ne-sais-quoi de nostalgique, un petit quelque chose du goût de l’enfance.

Et puisque la dimension des photos semble être la bonne désormais (merci Fred), en voici une autre, du même arbre.

Ces images proviennent de la forêt de Baabda, à environ 20 mn de chez nous et découverte dimanche dernier.Le terme de forêt pourrait en faire rire plus d’un parmi vous car elle n’est pas grande et grignotée par le monde urbain environnant. Néanmoins, ,il s’agit  d’une réserve naturelle, que l’ association T.E.R.R.E Liban a le mérite de protéger. On y trouve une grande diversité de faune et de flore, et un peu d’air frais, très appréciable, croyez-moi !

Bonne journée à tous, citadins ou non !

Publicités

(Dé)construction

J’aimerais bien être plus prolifique, croyez-le bien. J’ai du temps, comme vous le savez ma situation ne me permet pas encore de travailler… ( 3 fois hélas !)

Ce sont des raisons techniques qui m’en empêchent ; en effet, je souhaite vous partager un certain nombre de photographies, souvent plus parlantes que mes blabla. Hélas, comme vous avez pu constater dans « bondieuseries », mes images apparaissent minuscules (moi qui voulais vous effrayer avec saint machin, c’est raté !). Depuis je n’ai de cesse de trouver comment les afficher à la taille idéale et je n’y parviens pas. S’il y a parmi vous quelqu’un qui peut m’aider je suis preneuse.

Tant pis, ce soir vous aurez droit à la phrase du jour, de ma fille Anouk (3 ans et demi). En passant devant l’un des innombrables immeubles en construction, elle s’écrit  » t’as vu Maman, il a été tout abimé par la guerre ! »

Bondieuseries


Pardon, ce titre peut sembler un peu péjoratif, toujours est-il qu’on trouve au coin des ruelles, ou au pied d’ escaliers, et au gré des ballades, de petits lieux de recueillement , avec statues, bougies, fleurs et parfois piécettes. J’habite un quartier chrétien, Achrafieh, où on en trouve un certain nombre. Je ne sais pas si les musulmans ont l’équivalent de ces endroits du souvenir. Pour l’instant ce que j’ai vu dans les quartiers musulmans où je suis allée, ce sont surtout des grandes toiles avec les portraits des « martyres », peints, avec plus ou moins de talent. Certains sont vraiment kitchs. Et comme je suis analphabète, le commentaire ne peut pas m’aider à décripter l’oeuvre..

Chez les catholiques, il faut ouvrir l’oeil et l’on se rend compte que ces endroits abondent. Les statues représentent des saints, comme vous vous en doutez. J’en vois souvent un que je prenais pour Saint Maron (les Maronites courent les rues), qui brandit une arme. Ma voisine m’a expliqué qu’il s’agissait de Saint Georges. Elle m’a également précisé que ces petits autels étaient dressés par des particuliers et non par les églises, généralement en souvenir d’êtres chers tombés dans le secteur.

Pour finir je vous joins celui pour lequel j’ai un petit faible (mignon, non ?). Si quelqu’un peut éclairer ma lanterne, je suis preneuse. Si c’est véritablement Saint Georges, connaissez-vous sa vie ?

Syrie

Je recommande à toutes et à tous les photographies clandestines prises en Syrie par le photojournaliste Mani, découvertes sur le site du Monde ce matin.

J’ai du mal à croire que j’habite à seulement 120 km de Damas. Je pense chaque jour aux massacres qui ont lieu là-bas. Cela fait évidemment écho à l’histoire du Liban. La guerre est marquée ici, dans les murs et dans les esprits, et en même temps, elle est presque irréelle, masquée par la consommation et le m’as-tu vu. Il arrive que les Libanais m’en parlent, mais j’ai beau les voir en chair et en os, là, s’adressant à moi, et je n’arrive pas à croire ce qu’ils ont traversé. Je vous l’avoue, ce soir la nature humaine me glace  les sangs.

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/infographe/2011/11/23/syrie-photos-clandestines-d-un-massacre-a-huis-clos_1607977_3218.html